23 novembre 2020 Commentaires fermés

Le Covid et les relations internationales

L’épidémie de COVID fournit une étude de cas rare pour tester la nature du pouvoir et des relations internationales au 21e siècle. Bien que l’exemple COVID pousse notre cas à l’extrême, il n’en est pas moins instructif. Bien que l’épidémie de COVID ait posé un défi mondial, elle a été principalement conçue et gérée au niveau national. Même dans l’UE, qui est peut-être la collaboration multinationale la plus organisée et institutionnalisée, les décisions concernant la gestion du coronavirus ont été prises dans les capitales nationales plutôt qu’à Bruxelles (UE, 2019). Ce qui a rapidement suivi a été une guerre d’enchères mondiale avec des nations qui se disputaient l’équipement médical et les équipements de protection, chacune essayant de garantir ses propres besoins et intérêts. Certains ont troqué, d’autres ont volé.

Pendant l’épidémie, tout pays qui aurait développé un vaccin bien testé et fiable serait accueilli comme un héros, même s’il avait été l’Iran, la Corée du Nord ou le Pakistan. Les pays occidentaux comme la France, l’Allemagne, la Suède et le Royaume-Uni auraient échangé en faveur de le vaccin ne tenant pas compte du traitement des dissidents par le Pakistan, de ses violations des droits civils et de l’hébergement de terroristes. Cela a été illustré dans le cas de la Chine, car les médecins chinois ont reçu un accueil royal lorsqu’ils ont atterri en Italie pour aider à combattre le COVID. À ce moment-là, personne n’a osé évoquer les programmes de surveillance de masse de la Chine, son incarcération de dissidents ou les camps de concentration signalés pour les musulmans.

En d’autres termes, le coronavirus jette un éclairage sur la nature principalement normative du paradigme Soft Power qui fonctionne bien en théorie mais qui n’a pas été prouvé dans le monde réel. Ce que le coronavirus démontre, c’est que les nations sont finalement motivées par leurs propres intérêts et coopéreront avec d’autres nations en fonction de leur utilité et de leur capacité à les aider à résoudre les problèmes. Ce ne sont pas les actifs de Soft Power qui engagent les nations étrangères autant que la capacité des nations à articuler leur contribution pour résoudre un problème auquel une autre nation est confrontée. Dans les années à venir, alors que le monde devient de plus en plus instable en raison de sa restructuration, des motivations similaires guideront de nombreux pays.

COVID a également vu un changement important dans l’image de la Chine en Europe et au Moyen-Orient. En décembre 2019, des journaux ont fait état d’une grippe asiatique traversant la Chine. Le récit des médias était à la fois que la Chine, une puissance montante, avait été arrêtée par un simple virus et que la Chine cachait le nombre de morts. Bientôt, COVID était le Tchernobyl de la Chine, une dissimulation massive. Ensuite, les journaux ont rapporté que la Chine prenait des mesures impensables pour lutter contre le virus, notamment en soudant les portes des gens. Le totalitarisme a montré ses vraies couleurs. Enfin, la Chine a été décrite comme le champion de l’épidémie de COVID, le seul pays à vaincre le virus (Bolsen, Palm et Kingsland, 2020).
C’est notamment pendant les crises que les gens peuvent être disposés à modifier leur perception des autres nations. Le COVID pourrait ainsi marquer la transition de la Chine d’une menace mondiale à une puissance mondiale légitime et à un membre légitime du Triumvirat. COVID peut également aider la Chine à devenir un membre convoité des futures alliances stratégiques. Craignant cette chose même, le département d’État américain a récemment lancé une campagne numérique et diplomatique visant à faire de la Chine la cause du coronavirus et celle responsable de ses ramifications financières (Manor, 2020).

Les commentaires sont fermés.

Fiches pratiques de-confine... |
Journalisme et deontologie |
Arhnimes |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Mathias Juvé
| Bimbimgreen
| Ventes de celia